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Over the Word et la machine

Ces derniers mois, l’intelligence artificielle était sous le feu des projecteurs. Elle semble s’implanter,

voire s’imposer, dans tous les secteurs. La traduction n’est pas en reste, et fait même partie des exemples les plus connus avec la démocratisation de la traduction automatique.

Face à l’évolution des technologies, tous les prestataires de traduction ne sont pas à égalité et font des choix différents. Voici la position d’Over The Word en 2018.

Différents degrés

Pour les non traducteurs, il convient de rappeler les 3 niveaux d’utilisation d’outils technologiques dans notre secteur.

– le niveau le plus faible consiste à n’utiliser l’informatique que pour la saisie de la traduction au format adapté (Word, PowerPoint, etc.), pour l’échange d’e-mails et pour les recherches documentaires en ligne. C’est la version contemporaine la plus proche de la traduction sur papier qui dominait encore il y a 30 ans.

– le niveau moyen, actuellement le plus répandu, qui utilise tous les outils cités ci-dessus ainsi que des logiciels de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO). Ces derniers permettent au traducteur de gagner en productivité grâce à la compilation de toutes les anciennes traductions pour réutiliser les répétitions et proposent des fonctionnalités de recherche terminologique.

Ici, la machine n’est pas encore « intelligente » puisque toutes les traductions préfaites qu’elle suggère proviennent intégralement de traductions réalisées par des humains.

– le niveau le plus élevé qui correspond évidemment au recours à la traduction automatique. Ici, c’est la machine qui propose une traduction grâce à des algorithmes complexes (voir notre article à ce sujet) et à l’apprentissage à partir de traductions humaines, et l’humain se contente de valider, ajuster ou corriger ces traductions, ce que l’on appelle le « post-editing ».

Un choix à l’impact considérable

Bien sûr, il est possible pour un traducteur de jongler entre ces trois méthodes en fonction des projets qui lui sont confiés. C’est d’ailleurs souvent le cas, mais toute entreprise de traduction qui a tenté d’établir une stratégie axe sans doute son organisation sur l’une de ces méthodes.

Sans surprise, plus la technologie est impliquée, plus les délais, les coûts, et parfois la qualité, diminuent. Toutefois, l’intervention humaine reste indispensable en relecture pour tous les projets, et en traduction pour les projets qui demandent de la créativité, du style, des adaptations culturelles, des connaissances empiriques (en droit par exemple), etc.

Si nous choisissons de vous parler ouvertement de nos choix chez Over The Word, c’est parce que nous considérons qu’il est dans l’intérêt du client de connaître les pratiques de son prestataire pour déterminer si celles-ci répondent à ses besoins.

Nos pratiques

Nous avons intégré depuis un certain nombre d’années maintenant l’utilisation de la TAO dans nos processus de traduction. Nous considérons que cette méthode n’a que très peu de points négatifs, et nous avons pu éprouver sa fiabilité et son efficacité. La TAO nous permet d’assurer l’harmonisation des choix terminologiques d’un projet et d’un client à l’autre, de gagner du temps, et de proposer des tarifs réduits. C’est une utilisation de la technologie qui laisse le dernier mot à l’humain.

Actuellement, nous n’utilisons jamais la traduction automatique. Sans être opposés à cette technologie, nous estimons qu’elle ne correspond pas – dans son état actuel – à nos besoins ni à nos exigences en termes de qualité. Au regard des types de documents que nous traduisons le plus fréquemment, la traduction automatique ne serait adaptée que pour un nombre minoritaire de projets, ce qui ne justifierait donc pas la mise en place onéreuse et laborieuse de notre propre outil de traduction automatique.

Par ailleurs, le métier de « post-éditeur » n’est pas le même que celui de traducteur, et même si un traducteur possède naturellement les compétences requises à ces fonctions, beaucoup d’entre eux considèrent que la traduction est bien plus épanouissante que la post-édition et ne souhaitent pas relire des textes traduits automatiquement à temps plein. Il y a donc également tout un effort de formation et/ou de recrutement du personnel à prendre en compte, et là encore, notre positionnement actuel ne penche pas en faveur de la traduction automatique.

Nous sommes conscients du poids de ces nouvelles pratiques dans le secteur de la traduction (voir l’étude menée en 2018 par différentes associations de traducteurs sur les pratiques en Europe, qui montre par exemple que 22 % des prestataires de services linguistiques en Europe utilisent la traduction automatique quotidiennement) et nous nous tenons informés de l’évolution du secteur en ce sens.

Quoi qu’il en soit, quelles que soient nos pratiques passées, actuelles ou futures, la qualité restera toujours notre priorité.